A Strasbourg, Scoprobat veut faire espérer le quartier du Neuhof

01 décembre 2015

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« Rester dans le quartier, en son cœur, est un choix de l’équipe »

Inaugurés le 30 octobre dernier, les nouveaux locaux de SCOPROBAT marquent fièrement l’entrée du quartier du Neuhof, cube gris anthracite, vitres imposantes et un curieux escalier couleur cuivre à l’accueil du bâtiment, «c’est de l’acier korten », précise Michel Sexauer, PDG de l’entreprise.

Du bâtiment d’origine il ne reste plus rien sauf les imposantes poutres en béton qui soutiennent l’édifice à tous les niveaux, tout un symbole, comme si l’entreprise témoignait de son attachement intrinsèque au quartier, elle a d’ailleurs fait le choix d’y rester alors que les zones industrielles poussent partout aux alentours du Neuhof. « Rester au cœur du quartier est un choix de l’équipe, cela fait partie de notre ADN d’être au plus proche des habitants » explique Michel Sexauer.

Tous les espaces du nouveau bâtiment ont été conçus pour placer l’humain au cœur du projet collectif. La salle de production située au rez-de-chaussée illustre cette vocation participative, on trouve en plein milieu de la pièce une grande table de travail où Mathieu et Joffrey du service opérationnel préparent les derniers dossiers, et autour les salariés en insertion s’affairent d’un côté à ranger la réserve de produits d’entretien, et de l’autre à repasser les tenues des salariés.

 

« Scoprobat, c’est un peu l’enfant de la politique de la ville au Neuhof »

Avec la construction du nouveau bâtiment du parlement européen et les programmes de rénovation urbaine de l’ANRU débutées en 2005, les clauses sociales d’insertion ont été placées au cœur de la politique de l’emploi de la communauté urbaine de Strasbourg.

SCOPROBAT a été l’une des premières entreprises à expérimenter les clauses d’insertion, et aujourd’hui avec ses 250 entrées d’immeubles nettoyées trois fois par semaine et les 60 km de rues entretenues au cœur du quartier, Michel Sexauer confie «  hormis l’accès direct aux marchés publics, on sait aussi proposer aux grandes entreprises générales un nombre d’heures d’insertion qui couvre largement l’obligation d’insertion; mais la clause est un plus qui vient abonder notre capacité à faire, il faut être intransigeant autant sur le plan technique  qu’à l’égard de notre métier d’insertion ».  L’entreprise est d’ailleurs engagée dans une démarche d’amélioration continue de ses pratiques pour que les outils et les process qu’elle met en en place permettent d’anticiper les coups de frein que connaissent parfois les chantiers.

Si les plus de 220 000 heures d’insertion mises en œuvre sur les marchés de travaux du quartier du Neuhof sont un levier à activer pour embaucher des personnes très éloignées de l’emploi, Michel Sexauer insiste sur l’importance d’avoir une approche qualitative du dispositif de la clause sociale d’insertion : «  aujourd’hui et pour les opérations à venir dans le cadre du nouveau programme de l’ANRU il faut que la clause sociale reste concentrée sur la qualité du parcours et non la politique du chiffre, c’est souvent le plus compliqué à expliquer aux partenaires. Il y  a encore et toujours un travail de pédagogie à faire pour expliquer le modèle de l’entreprise d’insertion. »

Un regard juste, social et décalé

Dans un quartier à la réalité sociale et économique fragilisée par plus de 47% de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans, Scoprobat a misé sur les valeurs de l’action sociale et de l’entreprise pour proposer des solutions d’insertion à plus de 75 salariés en insertion qu’elle accompagne dans leur projet professionnel.

Agnès qui est à la gestion des ressources humaines depuis 19 ans a vu les problématiques des salariés en insertion évoluer, elle explique comment l’entreprise s’adapte pour leur donner les meilleures conditions de réussite de retour vers l’emploi. « Les salariés restent en moyenne 18 mois dans l’entreprise, la prise en charge est importante et chaque salarié en insertion fait l’objet d’un suivi personnalisé ». Sur les métiers de la propreté l’entreprise propose des temps de travail en journée pour que les femmes puissent concilier vie personnelle et expérience professionnelle, et les salariés qui maîtrisent mal le français bénéficient de modules de Français Langue Étrangère. « L’effort est mis sur le savoir être et la compréhension du français, la base pour comprendre les consignes et avancer vers l’autonomie » souligne Agnès.

Scoprobat équipe

Cet effort d’accompagnement fourni par SCOPROBAT, les salariés le ressentent et le traduisent dans leur attitude au quotidien : « les salariés sont fiers de travailler ici, SCOPROBAT ça représente quelque chose dans le quartier, les salariés arrivent plus tôt pour prendre le café ensemble avant de partir sur les chantiers, et très souvent ils vont rester après le travail à discuter entre collègues, le sentiment collectif dans l’entreprise est partagé par tous » résume Agnès.

C’est cet esprit d’équipe que SCOPROBAT a voulu partager en proposant au travers de l’exposition photos « … Dis, c’est quoi ton boulot » un regard décalé sur les métiers de l’entreprise. Ornant ses murs tous neufs, les photos mettent en évidence des hommes et des femmes, des gestes et des techniques au service d’une certaine idée du travail en équipe, de la coopération et de l’insertion. Comme un symbole d’espoir, SCOPROBAT semble dire qu’un avenir meilleur est possible ici au Neuhof.

http://www.scoprobat.fr

Crédit photos : Xavier Schwebel de l’agence coopérative Picturetank ©scoprobat