Malteurs Echos : du grain et des idées

05 juin 2018

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Le marché de la bière évolue à vitesse grand V : à côté des mastodontes qui produisent des millions de litres de bière standardisée, des centaines de microbrasseries ont vu le jour en France ces dernières années, surfant sur la tendance du renouveau gastronomique, de l’envie de consommer moins mais mieux et de l’attrait pour le local.  

Guillaume Bourdon y relève pourtant une contradiction : en 2011, le malt qu’elles utilisaient provenait en général d’Allemagne ou de Belgique, surtout pour le bio. Un point en moins pour le local… C’est à partir de ce constat que ce trentenaire s’est lancé quelques mois plus tard dans un projet fou avec son épouse Marie Bourdon et son colocataire Baptiste François : créer une malterie en plein cœur de l’Ardèche.

Mais leur projet va bien au-delà de la simple production de malt. En créant Malteurs Echos, les fondateurs ont fait trois choix significatifs et ambitieux : produire en bio et en circuit-court, être une entreprise d’insertion et monter une société coopérative d’intérêt collectif. Aperçu et perspective de cette aventure.

Une activité de niche répondant à des besoins grandissants

Une seule malterie artisanale existait en France avant Malteurs Echos. Le choix de l’activité et du lieu d’implantation a donc été mûrement préparé. Au lancement, des membres de la filière brassicole convaincus par le projet ont fait office d’ambassadeurs. Aujourd’hui, la boucle est bouclée puisque de nouvelles brasseries s’installent spécialement dans la région car Malteurs Echos y est implantée.

L’entreprise a très tôt perçu le potentiel de développement de l’activité en préparant l’agrandissement peu après la création. C’est désormais chose faite : l’équipe a intégré le nouveau site en février dernier, ce qui a déjà permis de quadrupler l’activité et de pouvoir mieux répondre aux besoins des brasseurs. Là encore, les fondateurs ont préparé la suite, avec le choix d’une installation modulable qui permettra de raccorder de nouveaux équipements en temps voulu et d’encore doubler l’activité sur ce site.

Avec un carnet de commande plein pour 2018, Malteurs Echos peut sereinement réfléchir à d’autres projets, avec notamment un projet de consignation de bouteilles de verre sur le site de la malterie qui pourrait, à terme, être une piste de diversification d’activité pour l’entreprise d’insertion.

Des parcours d’insertion atypiques mais professionnalisants

Le support métier pour des parcours d’insertion d’écomalteur n’existant pas, les fondateurs ont pris le temps de construire le référentiel de travail autour de ce métier inédit dans l’insertion. Après un an d’activité en test grandeur nature et de construction des outils d’accompagnement avec le soutien de la Direccte (Malteurs Echos est la seule entreprise d’insertion d’Ardèche), le premier salarié en insertion a démarré en 2015.

30% des salariés en parcours passés par Malteurs Echos depuis ont eu pour projet de travailler dans la filière malto-agricole à leur sortie. Mais les parcours construits dans l’entreprise font aussi la part belle aux compétences transférables dans les métiers de la logistique et de l’agroalimentaire par exemple. « Et étrangement, le métier se rapproche des métiers de l’aluminium », s’étonne encore Guillaume Bourdon, qui essaie d’adapter au maximum les postes d’insertion au projet professionnel du salarié.

En tant que membre d’un collectif de structures d’insertion soutenu par la délégation Rhône-Alpes de la fédération et aux côtés de Pôle emploi, Malteurs Echos s’attache à construire passerelles avec les employeurs potentiels du territoire. Guillaume Bourdon y tient « on essaie au maximum de positionner Malteurs Echos au-delà du commercial pour maintenir la dynamique » avec une école de malterie pour des porteurs de projets et un espace de formation à destination des brasseurs en partenariat avec la CMA.

 

Autant dire que les idées germent et prospèrent dans cette entreprise d’insertion atypique qui fait avancer ses valeurs au cœur de son territoire.  

Malteurs Echos en chiffres : 

  • 800 tonnes de céréales transformées
  • 3 coopératives, 45 producteurs bio
  • 160 sociétaires de la SCIC
  • 9 salariés
  • 130 brasseries clientes