Temps d'échange avec la déléguée interministérielle à l'ESS

31 mai 2016

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Odile Kirchner - Conseil fédéral de la fédération des entreprises d'insertion

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Odile Kirchner lors du Conseil fédéral du 25 mai dernier, à Paris.

Près d’un an et demi après l’adoption de la loi portant reconnaissance et développement de l’ESS, la mise en oeuvre concrète de ses dispositions et l’atteinte des objectifs de changement d’échelle du secteur nécessitaient l’installation d’une véritable administration ainsi qu’une animation dynamique de la concertation. C’est désormais chose faite depuis décembre dernier : cette administration est placée auprès du Trésor à Bercy et est dirigée par Odile Kirchner, nommée déléguée interministérielle à l’ESS par Martine Pinville, secrétaire d’Etat en charge  de l’ESS.

Des échanges réguliers avec Madame Kirchner depuis sa nomination ont témoigné de son vif intérêt pour le modèle Entreprise d’insertion. Sa présence lors du dernier Conseil fédéral de la fédération lui a permis, d’une part, de présenter son action et les perspectives de développement du secteur qu’elle poursuit, et d’autre part, d’approfondir sa compréhension du modèle et de ses enjeux

Selon la déléguée, le changement d’échelle de l’ESS ne sera possible qu’à certaines conditions :

  • créer les conditions d’une organisation solide ;
  • développer le travail en commun entre acteurs ;
  • favoriser l’accès aux financements.

Autant de pistes de travail pour le Conseil supérieur de l’ESS, auquel la fédération participe.

Odile Kirchner et Kenny Bertonazzi, président de la fédération.

Ces pistes se croisent en grande partie avec les perspectives des entreprises d’insertion. Trois axes de travail sont à creuser selon la déléguée interministérielle :

  • la réforme des marchés publics : vrai enjeu d’interconnaissance des acteurs pour activer le levier que représente la commande publique pour l’insertion ;
  • le développement de l’activité : la déléguée interministérielle a souhaité rappeler que pour les entreprises d’insertion, le changement d’échelle doit s’accompagner d’un développement du nombre de postes d’insertion, sans quoi il ne bénéficiera pas au public cible des EI/ETTI ;
  • la visibilité de l’action des entreprises d’insertion, tant par des éléments chiffrés type observatoires que par une présence accrue dans l’annuaire des structures de l’ESS.

Madame Kirchner était également venue recueillir les impressions et avis des dirigeants d’entreprises. Les membres du Conseil fédéral ont attiré son attention sur quelques points en particulier :

  • la nécessité d’une étude de l’impact social et économique des entreprises d’insertion dans les territoires pour concrétiser leur développement ;
  • le manque de postes récurrent depuis de nombreuses années ;
  • l’enjeu de la formation et de la mobilisation des outils de Pôle emploi et des conseils régionaux au bénéfice des personnes en parcours d’insertion ;
  • la logique de “tuyaux” qui s’applique aux politiques publiques de l’emploi, empêchant la mobilisation de tous les outils possibles ;
  • le besoin de souplesse vis-à-vis des pouvoirs publics ;
  • la capacité des entreprises d’insertion d’innover et d’inventer dans les territoires ;
  • la dimension transversale à valoriser de l’action des entreprises d’insertion : emploi, social, économie, filières, innovation ;
  • l’enjeu de l’accès aux marchés des grandes entreprises, etc.

Soit autant de pistes de collaboration pour les mois et années qui viennent !