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Learning Technologies 2026 : ce que l’IA change (vraiment) pour la formation et l’engagement

Le 29 janvier 2026, la Fédération a participé au salon Learning Technologies France 2026 à Paris, aux côtés de Géraldine Aymonier, DRH du Groupe Demain, et de Sophie Maisonhaute, responsable formation du Groupe. Une journée de conférences denses, parfois percutantes, qui confirment une chose : la formation vit une transformation profonde, où l’IA est à la fois une opportunité majeure… et un véritable sujet de vigilance.
IA et formation : accélération, pouvoir… et biais
La conférence de Hoss Zaouali (Université de Stanford) a ouvert le débat avec une métaphore marquante : une carrière professionnelle de 42 ans ressemble à un marathon… que l’IA nous propose désormais de parcourir “à vélo”. Gain de vitesse, oui, mais à condition de garder la maîtrise du guidon.
Plusieurs messages forts en ressortent :
- l’IA est aujourd’hui un outil de pouvoir économique et géopolitique, entraîné sur des données largement produites par une minorité de populations favorisées, générant des biais structurels ;
- ces biais sont d’autant plus problématiques qu’ils irriguent déjà les outils de formation ;
- des études récentes montrent que l’usage intensif de l’IA peut entraîner une baisse significative de l’activité cognitive et de la mémorisation, posant un enjeu de santé publique.
Pour l’Europe, le levier différenciant résidera sans doute dans la régulation, la fiabilité des protocoles et l’éthique, plus que dans la course à la performance brute.
Du LMS vitrine au LMS lieu de vie : l’exemple de l’UNICEF
Autre enseignement clé : l’engagement des apprenants ne se décrète pas. Le retour d’expérience de l’UNICEF France montre que, si 55 % des responsables formation estiment que la formation favorise l’engagement, un collaborateur sur deux ignore encore l’offre de formation existante.
Leur réponse : transformer le LMS en véritable espace d’engagement, structuré par parcours (salariés, bénévoles, partenaires), avec :
- des contenus courts et accessibles,
- des replays de webinaires,
- une logique de “récit” autour de la formation (à quoi ça sert, pour qui, à quel moment),
- des pages ciblées, partageables, contribuant aussi à l’image de marque.
Un modèle inspirant pour penser l’onboarding, la montée en compétences et le sentiment d’appartenance, y compris dans des écosystèmes multi-acteurs comme l’IAE.
La fin du catalogue de formation “figé”
Plusieurs conférences ont convergé sur un constat : le catalogue de formation classique, organisé par disciplines, touche à sa fin. Nous entrons dans une ère générative et prédictive, marquée par :
- des contenus courts, activables à la demande,
- une organisation par problèmes métiers concrets,
- des parcours personnalisés, nourris par les usages réels du terrain,
- une formation intégrée au flux de travail, proche de l’AFEST.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la personnalisation augmente l’engagement de plus de 40 %, double les taux de complétion et améliore la mémorisation.
Manager et former autrement à l’ère de l’IA
Enfin, plusieurs interventions ont rappelé que l’IA est avant tout un amplificateur des pratiques existantes. Dans des contextes de tension managériale, de perte de sens et de peur de l’obsolescence, la question n’est pas seulement technologique, mais profondément humaine.
La méthode de l’appreciative enquiry met en lumière une voie possible : s’appuyer sur les forces, les ressources et l’intelligence collective, préserver la diversité des points de vue et développer l’esprit critique pour éviter les lectures biaisées de la réalité.
Former autrement, manager autrement, accompagner autrement : autant de chantiers qui appellent à penser avec l’IA, sans renoncer à l’entraînement de nos capacités cognitives et relationnelles.
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