Germinal : à la rencontre d’une des premières EiTI

05 octobre 2020

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Ce mois-ci, portrait d’une entreprise d’insertion par le travail indépendant (EiTI), le dernier né de la famille de l’IAE. Samia Darani, dirigeante de Germinal, EiTI du bassin minier de Denain (Hauts-de-France), nous présente son entreprise. 

Pouvez-vous nous présenter brièvement votre EiTI ?

L’association Germinal, affiliée au Groupe SOS, a été créée en 1994, suite au succès du film du même nom, afin que les bénéfices puissent aussi servir au développement social et économique du bassin minier dans les Hauts-de-France. Depuis cette époque, Germinal accompagne des créateurs d’entreprise en difficulté (BRSA, demandeurs d’emploi, personnes isolées, migrantes) en leur octroyant des prêts d’honneur, sans intérêt et sans garantie, jusqu’à 8 000 € pour qu’ils puissent, avec l’aide d’autres partenaires, démarrer leur activité. Il peut s’agir de la création d’activités artisanales, commerciales, sédentaires et ambulantes, ou de services, implantés sur une des communes du bassin minier. 

En 2020, Germinal s’est saisie de la possibilité de créer une EiTI afin de compléter son accompagnement, en offrant aux créateurs un panel de services de mise en relation avec des clients, pour qu’ils puissent augmenter leur chiffre d’affaires et vivre véritablement de leur activité. Notre objectif aujourd’hui, qui constitue le projet associatif de Germinal, est d’avoir un impact social et économique durable localement et de contribuer à la transition écologique des territoires.

En comparaison des EiTI spécialisées sur un secteur d’activité, je qualifierais la nôtre de « généraliste », c’est-à-dire que nous accompagnons des travailleurs indépendants dans tous les secteurs d’activités (bâtiment, petits commerces, etc.). 

En quoi l’EiTI était une solution pertinente pour l’accompagnement que vous proposez ?

L’EITI nous est apparue comme un moyen d’offrir un service complémentaire à celui des acteurs de l’accompagnement à la création d’entreprise : celui de l’aide au développement de la clientèle et donc du chiffre d’affaires, sur 4 à 24 mois, avec une compréhension des problématiques spécifiques et une méthode adaptée à des entrepreneurs en difficulté sociale. 

Ces personnes, même si elles sont volontaires, ont souvent besoin d’un accompagnement socioprofessionnel individualisé et renforcé. Nous développons, en ce sens, différents partenariats. A titre d’exemple, nous travaillons, avec l’appui de psychologues, sur l’acquisition de la posture et de l’assurance nécessaires pour lancer son propre business.

Notre objectif clairement affirmé est d’accompagner les travailleurs indépendants vers une véritable autonomie gestionnaire. Cela passe par un accompagnement renforcé au niveau du développement commercial et des formations accrues pour, par exemple, permettre à ces travailleurs indépendants de mettre en place leurs propres outils et techniques pour diversifier leur clientèle. Il s’agit aussi de les inscrire dans un réseau social aidant, par du mentoring et du parrainage, pour rompre leur isolement.

La valeur ajoutée de l’EiTI, à la croisée des acteurs de l’accompagnement de créateurs d’entreprise et de l’IAE, est d’offrir ce panel de services, individualisé ou collectif, sur une période longue (4 à 24 mois) et dédiée au développement du chiffre d’affaires, dans une logique d’autonomisation.

Quels sont pour vous les points clés pour réussir son EiTI ?

Il est encore un peu tôt, pour nous, pour répondre à cette question, nous sommes en phase expérimentale jusqu’à fin 2021.

A ce stade, l’enjeu central est bien celui de nous faire connaitre et de nous inscrire dans le panel de solutions existantes, de lever aussi les éventuelles défiances que nous partageons face aux écueils de « l’ubérisation » et de construire avec nos partenaires institutionnels, pouvoirs publics et prescripteurs notamment, les bases d’une collaboration qui dessineront, dans le futur, le cadre des EiTI.

Un autre point qui me semble clé pour que cette expérimentation soit complète, est de pouvoir implanter ce modèle dans des territoires ruraux à revitaliser ou au sein des Quartiers Politique de la Ville (QPV). 

Quels conseils donneriez-vous aux nouveaux porteurs de projet EiTI ?

Idem, je ne me sens pas encore en position de donner des conseils ! Ce qui me semble clé, c’est de construire tous ensemble un dispositif plus solide ! De nombreux défis restent à relever pour sécuriser véritablement le parcours entrepreneurial des personnes en difficulté que nous accompagnons : protection sociale, formation… Nous espérons que cette expérimentation contribuera à apporter quelques réponses à ces questions.

 

Pour plus d’informations : www.groupe-sos.org