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Un climat d’inquiétude qui reflète un contexte économique et politique sous tension 

La troisième édition du baromètre trimestriel de confiance des dirigeants d’entreprises d’insertion1 confirme un climat d’inquiétude durable au sein du secteur. Si ces résultats traduisent des difficultés économiques réelles, ils doivent aussi être lus à l’aune du contexte budgétaire et politique actuel, marqué par un manque de visibilité et des arbitrages encore incertains. 

Une inquiétude persistante face aux six prochains mois

73 % des dirigeants se déclarent inquiets pour les perspectives des six prochains mois. Un chiffre stable par rapport à la précédente édition (74 %), mais qui reste particulièrement élevé.

Cette stabilité dans l’inquiétude traduit moins une aggravation qu’une stabilisation dans un climat d’attentisme. Les entreprises d’insertion, dont le modèle repose sur un équilibre fin entre activité économique et financements publics, sont particulièrement sensibles aux signaux envoyés par la puissance publique.  

Dans un contexte marqué par une volonté du gouvernement de réduire la dépense publique, une réduction des crédits dédiés aux aides aux postes depuis deux ans et des arbitrages encore en cours sur le PIC, la projection à moyen terme demeure fragile.  

Une dégradation récente de l’activité

53 % des dirigeants indiquent que la situation économique de leur entreprise s’est détériorée au cours des derniers mois. Ce chiffre, identique au précédent baromètre, confirme une tension persistante.  

La baisse du conventionnement (63%) et la diminution des carnets de commande (64%) apparaissent comme les principaux défis identifiés pour les mois à venir. Ces deux facteurs sont directement liés au contexte économique mais également aux arbitrages budgétaires en cours.

Pour les entreprises d’insertion, la réduction de leur activité a un effet immédiat : elle affecte non seulement les résultats financiers, mais aussi la capacité à accueillir et accompagner des personnes éloignées de l’emploi.

Une conjoncture perçue comme majoritairement négative

65 % des dirigeants estiment que la conjoncture économique a un impact négatif sur leur activité. Si ce chiffre recule de 6 points par rapport à la précédente édition (71 %), il demeure très majoritaire.

Cette légère amélioration peut traduire une forme d’adaptation des structures ou une stabilisation relative de certains indicateurs. Elle ne doit toutefois pas masquer la réalité d’un environnement économique incertain, où les marges de manœuvre restent limitées.

Une confiance étroitement liée à la visibilité politique

Les résultats de ce baromètre rappellent que la confiance des dirigeants d’entreprises d’insertion ne dépend pas uniquement des dynamiques économiques générales. Elle est également fortement corrélée au manque de clarté des pouvoirs publics, qui, en réduisant les crédits alloués à l’insertion par l’activité économique (IAE), envoient un signal paradoxal qui interroge la cohérence de la politique de l’emploi et la place accordée à l’IAE pour atteindre l’objectif de plein emploi.  

Ainsi, si les SIAE démontrent, année après année, leur capacité d’adaptation en poursuivant leur mission d’intégration sociale tout en contribuant à l’activité économique des territoires, le maintien d’un cadre stable et lisible constitue un levier primordial pour consolider cette dynamique. 

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