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Entreprises d’insertion : quand la baisse des financements fragilise un modèle qui rapporte aux finances publiques

Dans un contexte politique et économique dégradé, les entreprises d’insertion continuent de développer leurs activités, de créer de l’emploi et de générer des retombées économiques directes sur les territoires. Toutefois, leur équilibre économique se fragilise du fait d’une érosion de leurs marges, de baisse des financements de leur mission sociale d’insertion et d’une pression croissante de la concurrence.

Une activité qui reste dynamique mais une rentabilité sous tension

Les entreprises d’insertion poursuivent leur développement avec une progression globale de leur chiffre d’affaires de + 4,3% en Ei et de + 9,8% en ETTi entre 2024 et 2025. Cette dynamique témoigne de la capacité du secteur à maintenir son activité malgré un environnement économique incertain.

Cependant, la progression de l’activité ne se traduit pas systématiquement par une amélioration de la santé économique. En effet, la hausse des coûts d’exploitation, des charges salariales et des contraintes économiques pèsent sur les marges des structures. Ainsi, la marge nette moyenne (bénéfices nets / chiffre d’affaires) est passée de 1,05% à 0,66% en Ei et de 0,29% à -0,12% en ETTi.

Les Ei et ETTi sont donc à un tournant de leur équilibre économique : si la moitié présente une situation financière seine (48% des Ei ont une capacité de financement par rapport à leur chiffre d’affaires situé au-dessus de 5%), l’autre moitié présente des marges de manœuvre plus limitées, soulignant l’importance d’un soutien économique et financier renforcé dans un contexte de ralentissement économique. (39% des ETTi ont une capacité d’autofinancement négative)

Un modèle créateur d’emploi qui rapporte plus qu’il ne coûte

Les entreprises d’insertion ont au cœur de leur fonctionnement leur mission d’accompagnement vers l’emploi : elles accompagnent chaque année 93 000 personnes vers l’emploi. Cette force sociale pèse aussi fortement sur leur équilibre puisque la masse salariale représente 77 % du chiffre d’affaires en Ei et 92 % en ETTi. Or, la fragilisation de leur santé économique impacte la qualité de leur mission sociale d’insertion dans un contexte où l’Etat baisse le nombre de postes d’insertion financés tout en exigeant de meilleurs résultats.

L’Observatoire de la FEI montre pourtant que l’investissement public dans l’insertion est loin d’être une dépense à fonds perdu. Le soutien public à l’insertion génère même davantage de recettes qu’il ne coûte en subventions. Pour 1 € de subvention versé aux ETTi, notamment au titre des aides aux postes, près de 2 € reviennent aux finances publiques sous forme de taxes et de cotisations sociales. Et ce calcul ne prend pas en compte les effets indirects pour les finances publiques, liés notamment à la consommation et à la sortie durable des minima sociaux des salariés en insertion.

«Dans un contexte de hausse du chômage, de stagnation économique et de crise démographique, le Gouvernement n’a d’autre choix que de s’appuyer sur les entreprises d’insertion pour réduire l’éloignement à l’emploi s’il veut corriger le déficit public.

Déjà fragilisées, les entreprises d’insertion attendent du Gouvernement un budget de « bon sens » qui facilite le retour vers l’emploi et qui soutient l’économie locale. A l’inverse, une nouvelle coupe budgétaire serait un contre-sens puisqu’elle se traduirait par une aggravation durable du chômage, et donc des finances publiques.! »

Antoine Laurent, Délégué général de la FEI

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