Territoires d’inclusion : en route vers Bourg-en-Bresse chez COVETECH !

01 février 2022

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Le programme Territoires d’inclusion n’a de cesse d’évoluer et de se perfectionner dans l’accompagnement des entreprises sociales inclusives ! Développé par la fédération des entreprises d’insertion et l’Afpa, dans le cadre de la transformation de ses centres en «Villages», celui-ci a pour vocation première de favoriser les synergies entre les acteurs de l’insertion, de l’entrepreneuriat, de la formation et de l’émancipation citoyenne, dans les territoires. Le but ? Optimiser la sortie en emploi durable des personnes en parcours.

Pour mieux comprendre ce programme, nous sommes allés à la rencontre de l’entreprise d’insertion COVETECH, implantée sur le village Afpa de Bourg-en-Bresse, en Auvergne-Rhône-Alpes. David GIBERGUES, directeur Stratégie et Développement du pôle Insertion par l’Activité Economique chez COVETECH, et Frédéric FREYDOZ, directeur du centre Afpa de Bourg-en-Bresse, ont accepté de témoigner de leur collaboration.

Quelle est l’origine de votre collaboration ? Pour quelles raisons avez-vous été amenés à travailler ensemble ?

Frédéric FREYDOZ : Le partenariat est né d’un premier constat : organisme de formation pour adultes, nous avions à notre adresse une grosse emprise au sol (plus de quatre hectares) avec des locaux disponibles dans une agglomération hyperactive sur l’économie sociale et solidaire.

Parallèlement, nous faisions face à un deuxième constat : le département de l’Ain est un département avec un taux de chômage relativement bas, il est possible de déduire que les chômeurs restants sont les personnes les plus éloignées de l’emploi. Notre organisme doit donc aller chercher ces publics pour répondre aux besoins des employeurs.

Notre réflexion nous a amené à considérer la solution suivante : il nous faut avoir une approche plus large avec les structures qui proposent un accompagnement auprès de ses publics, cela fait partie de notre rôle en tant qu’organisme de formation. Julie et Martial de COVETECH nous ont fait part de leur activité, de la diversité de celle-ci, et de leur problématique de surface. Nous y avons vu là une réelle opportunité de collaborer ensemble pour traiter des deux constats évoqués précédemment.

David GIBERGUES :  Arrivé en septembre dernier, je n’étais pas présent lors de la mise en place du partenariat. Selon les éléments qui m’ont été transmis, la collaboration entre nos deux organismes est née de deux opportunités réciproques :

  • la recherche de locaux de COVETECH et la recherche de location de surface de l’Afpa, avec une correspondance parfaite des deux besoins ;
  • la quête des coopérations entre l’insertion par l’activité économique et la formation pour favoriser les sorties positives des bénéficiaires finaux (découverte métiers, lieux de stage etc.).

Aujourd’hui, quelles sont vos collaborations ? Quels sont les points forts de votre partenariat ?

D.G : Les sujets de collaboration sont multiples et intéressants. Nous avons accueilli, par exemple, des stagiaires de l’Afpa pour de la découverte des métiers du BTP second œuvre, cela permet de donner un bon point de vue des réalités professionnelles pour les stagiaires qui auraient quelques appréhensions. Nous avons également commencé la mise en place de l’AFEST (Action de Formation En Situation de Travail). Nous avons formé tous nos encadrants techniques afin qu’ils soient formateurs en situation de travail et avons déjà repéré deux salariés en parcours d’insertion qui vont entrer dans le processus. L’AFPA nous a transmis les grilles des compétences visées et proposera des parties théoriques complémentaires. En fin de formation, l’Afpa évaluera les candidats et leur délivrera tout ou partie d’un diplôme d’ouvrier multi technique du bâtiment. L’objectif est de favoriser la certification des personnes peu ou pas qualifiées. Ce dispositif a vraiment été mis en place main dans la main et nous réfléchissons à la possibilité de le dupliquer sur les autres branches du groupe.

F.F : Prenons l’exemple d’un des salariés accompagnés par COVETECH. Nous avons explicité son activité au sein de l’entreprise d’insertion et nous avons regardé dans le détail de nos certifications si ces gestes pouvaient être reconnus dans l’un de nos titres. Nous avons ainsi pu lui proposer un plan de formation spécifique afin qu’il puisse passer le titre d’agent de maintenance du bâtiment. Son parcours lui aura permis d’acquérir de la confiance en soi par la formation en situation de travail. Pour ce qui est de ce qu’il n’a pas acquis en entreprise, il peut l’acquérir en formation à l’Afpa et décrocher un titre.

A l’inverse, nous avons également d’autres exemples où nos stagiaires sont sortis de leur formation pour entrer en parcours d’insertion : nous avons accueilli plusieurs réfugiés sur le centre pour un apprentissage de la langue. A l’issue de leur formation, chacun a été redirigé vers des projets qui leur correspondaient. Trois personnes n’avaient pas de solution directe pour un retour à l’emploi. Le travail avec l’atelier et chantier d’insertion Tremplin et l’entreprise d’insertion COVETECH a permis de proposer un parcours correspondant à leurs besoins. Ils sont entrés dans un parcours d’insertion en obtenant une rémunération ET un accompagnement, sans rupture de programme avec l’Afpa (hébergement et suivi professionnel). Quelle joie d’entendre l’un de nos stagiaires nous dire : « J’ai trouvé un logement avec le bailleur social et, dans la foulée, je rentre chez COVETECH », avec un sourire jusqu’aux oreilles.

D.G : Effectivement, certains stagiaires ne pouvaient pas encore accéder à un emploi durable car ils étaient encore confrontés à la problématique de la langue ou ils avaient besoin de se perfectionner en pratiquant leur métier. Leur passage en CDDI leur a permis d’acquérir cela.

Quelles sont les perspectives de collaboration de vos deux organismes ?

F.F : Dans un premier temps, nous avons un réel travail à faire sur le lien technique entre les accompagnements proposés par nos deux entités. Notre terminologie n’est pas toujours la même avec parfois des définitions différentes. Nous allons donc réfléchir à un échange de pratiques pour aligner nos discours et mieux se comprendre.

Nous avons en ce moment de grandes réflexions sur le sujet de la mobilité. L’un des projets est l’élaboration d’un atelier de mécanique et de carrosserie solidaire pour les publics en situation de précarité avec l’idée de rester dans la dynamique première de notre village Afpa : un village de l’insertion et de l’économie sociale et solidaire.

D.G : Nous sommes effectivement en cours de discussion pour répondre au mieux aux besoins du territoire : l’entretien et la mise en état des véhicules est un point fondamental de l’accessibilité à la mobilité des bénéficiaires finaux. D’autres acteurs du territoire seront probablement mis dans la boucle de ce projet pour apporter une réponse cohérente à cette problématique. L’Afpa porte des projets en lien avec l’humain et l’économie sociale et solidaire et nous connaissons avec eux une vraie intelligence de construction sur des sujets communs.

Parallèlement, nous avons pour volonté de faire des activités de découverte métiers pour les rendre plus attractifs. Prenons l’exemple du secteur du bâtiment, nous n’avons aujourd’hui aucune femme en parcours d’insertion et nous souhaiterions nous assurer qu’elles puissent s’intéresser à ce domaine d’activité. Nous pourrions y travailler avec l’Afpa.

Que pourriez-vous nous dire de plus ?

F.F : Le monde de la formation est parfois mal reconnu. Pour beaucoup, se former correspond à un retour sur les bancs de l’école. Notre modèle est différent, nous proposons un apprentissage par le geste et pour faire connaître ce processus, il est nécessaire que les bénéficiaires viennent le voir. Le travail avec le secteur de l’insertion par l’activité économique permet de transmettre ce message plus facilement, pour répondre à un réel besoin.

D.G : Il n’y a qu’en travaillant ensemble que nous arriverons à soutenir l’emploi local. En collaborant avec plusieurs structures, nous pouvons répondre à des marchés plus grands et apporter une réponse plus cohérente aux enjeux du territoire.

 

Données clés

Date d’arrivée : Septembre 2020

Surface occupée : Environ 200 m² : 2 bureaux + 1 espace de stockage (autour de 60m²) + 1 mezzanine en guise de salle de réunion (40 m²) + 1 atelier

 

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Contactez Laure Souron, chargée de projet : l.souron@lesentreprisesdinsertion.org

 

Pour en savoir plus sur COVETECH :

Le Groupe Associatif «CAURISS» dispose d’une branche à travers COVETECH 01 : L’entreprise Covetech est une entreprise de maintenance de bâtiment (métiers du second œuvre). Son agrément d’entreprise d’insertion lui permet d’œuvrer à l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi en proposant des temps d’accompagnement et de formation spécifiques aux métiers du bâtiment.

 

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