Avec Tripapyrus Environnement, la filière de déconstruction des bateaux de plaisance lève l’ancre

31 août 2020

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Instaurée par la Loi de transition énergétique du 20 juin 2016, la filière de responsabilité élargie des producteurs (REP) de bateaux de plaisance et de sport, a vu le jour en 2019, après d’intenses discussions avec ses parties prenantes. En mars de cette même année, l’Association pour la Plaisance Eco-responsable (APER) a été officiellement agréée comme éco-organisme de cette filière, avec l’objectif de prendre en charge 22 700 navires pendant la période d’agrément et de déployer une couverture nationale de « centres prenant en charge les bateaux de plaisance et de sport ».

Cap vers la déconstruction des bateaux de plaisance et de sport pour Tripapyrus 

Cette filière, l’entreprise d’insertion de traitement des déchets vendéenne Tripapyrus, s’y est vite intéressée. Tout d’abord, parce qu’avec 26 500 bateaux de plaisance immatriculés sur son littoral, la question de la fin de vie de ces structures est un enjeu territorial fort pour la Vendée. Ce contexte territorial est d’autant plus fort, que la Vendée concentre de nombreux acteurs de la filière des industries nautiques, à l’image du groupe Bénéteau.

Portée par cet écosystème favorable, Tripapyrus, qui disposait déjà d’un savoir-faire reconnu dans la déconstruction et le traitement des mobil-homes, a décidé de franchir le cap. « En effet, les bateaux de plaisance et les mobil-homes, sont des produits très similaires », explique Paul Clément, Président de l’entreprise, « les matériaux utilisés et les techniques constructives, nous permettent de capitaliser sur notre expérience et de réaliser des transferts de savoir-faire d’une filière à une autre ».

Grâce à l’agrément octroyé par l’APER, le 6 juillet dernier, Tripapyrus va se voir confier, chaque année, entre 100 et 200 navires afin d’en assurer l’entreposage, la dépollution, le démontage et le traitement des matériaux qui les constituent. « Nous appliquons un protocole précis, défini par l’APER », précise Paul Clément : « dans un premier temps, nous assurons une étape administrative, dans le cadre de laquelle, nous retirons l’immatriculation du navire et assurons la radiation de son pavillon. Dans un deuxième temps, nous le dépolluons, en aspirant les différents fluides et en extrayant le moteur et les différents circuits électriques. Enfin, nous extrayons le bois, le plastique, le verre et les métaux non ferreux, qui sont orientés vers les filières de recyclage ».

Par ailleurs, cette nouvelle activité offre un fort potentiel de réemploi, notamment pour les moteurs qui seront revendus aux professionnels ainsi que pour le mobilier qui sera valorisé auprès des particuliers, par le biais d’un réseau local de recycleries.

Une opportunité d’embarquer d’autres entreprises d’insertion

La déconstruction des bateaux de plaisance permet à Tripapyrus d’ajouter une nouvelle corde à son arc, complémentaire à ses activités traditionnelles, et comme le souligne Paul Clément, « il y a une réelle opportunité, pour les entreprises d’insertion, et un réel enjeu national à structurer une filière car l’APER cherche progressivement à couvrir l’ensemble des littoraux en centres de traitement ».

Cet enjeu, la fédération des entreprises d’insertion et Tripapyrus en ont très tôt pris conscience et, depuis plusieurs années, œuvrent à la structuration d’une filière nationale sur le sujet, avec le soutien de l’ADEME. Dans un premier temps, le choix a été fait de s’appuyer sur la déconstruction des mobil-homes, dont les techniques et modalités de déconstruction sont proches. L’idée était de permettre, sur différents territoires, à des entreprises volontaires, de monter progressivement en compétences et en expériences sur la déconstruction des mobil-homes pour, demain, développer une expertise spécifique sur les bateaux. Pour cela, la fédération, après avoir recensé les entreprises d’insertion volontaires, s’est attachée à favoriser le transfert de savoir-faire de Tripapyrus en la matière et à créer une dynamique de filière.

Parallèlement, elle s’est impliquée dans les travaux de préfiguration et de création de la REP, pour valoriser leurs savoir-faire et défendre les spécificités de leur mission d’insertion.

Aujourd’hui, la sélection, par l’APER, de Tripapyrus comme opérateur est un nouveau cap franchi et va permettre aux membres du réseau de la fédération de capitaliser sur cette expérience pour, demain, proposer à l’APER des solutions sur les différents littoraux nationaux.