Territoire numérique inclusif : bienvenue en Digitanie

03 février 2021

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DIGITANIE s’est installée, il y a maintenant quatre ans, dans la petite ville de Saverdun, en Ariège, avec en tête un pari audacieux, celui de développer des services numériques permettant l’inclusion de personnes éloignées de l’emploi. Sa directrice, Jehanne Portefaix, nous présente sa jeune entreprise d’insertion, heureuse lauréate de la deuxième édition du Prix JENi Christian VALADOU, depuis le 25 janvier dernier.

Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre JENi ?

Jehanne Portefaix - Dirigeante de DIGITANIEDigitanie est une entreprise d’insertion, implantée en milieu rural en Ariège, dans le domaine du numérique. Nous réalisons des sites web et nous faisons du traitement manuel de données, mais notre raison d’être, avant tout, est l’inclusion des personnes éloignées de l’emploi.

Ces deux activités nous permettent d’embaucher des profils très variés. Sur le traitement de données, des personnes pas ou peu qualifiées. Sur les sites web, nous passons à un autre niveau de compétences en mettant en œuvre des compétences plus diverses. Notre équipe est composée de cinq salariés permanents, deux alternants et six salariés en parcours d’insertion que nous appelons des intégrants, à Digitanie, en référence à notre activité technique d’intégration et notre mission d’inclusion.

Pourquoi Digitanie s’est-elle implantée en Ariège, un département majoritairement rural, pour développer son activité ?

D’abord parce que nous étions convaincus que le numérique est une des réponses à l’emploi en milieu rural, que ce soit en matière de communication ou de traitement de données. Nous souhaitions aussi proposer des parcours d’insertion dans un domaine - le numérique - que peu de structures d’insertion ont déjà investi. L’activité numérique est pourtant à la portée de plus de personnes qu’on ne l’imagine. Au-delà, les besoins des entreprises en matière de numérique étaient très importants et peu couverts sur ce territoire. Nous avons pu le constater encore plus en 2020, avec la crise sanitaire.

Nos clients se composent ainsi d’entreprises locales qui cherchent à améliorer leur visibilité et pour lesquels nous réalisons des sites internet principalement, mais aussi du design, de la gestion de contenus et de l’animation de communautés numériques. Digitanie intervient aussi auprès de groupes ou de sociétés qui, à travers leurs domaines d’expertise, « consomment » beaucoup de données. Nous leur apportons un soutien dans le traitement manuel de ces données.

En quoi cela consiste-t-il exactement ?

Nous préparons tous types de données, mais de plus en plus de données géographiques. Derrière les algorithmes, il y a souvent des petites mains qui enrichissent ces algorithmes et qui permettent de fiabiliser ou de vérifier les données. C’est en résumé le travail que nous faisons.

En l’occurrence sur les données géographiques, nous récupérons des images satellites que le Centre national d’études spatiales (CNES) nous envoie. Nous allons identifier et créer des polygones pour détourer de la végétation, des bâtiments, des routes… On interprète, en fait, des images satellites. C’est le gros de notre activité sur ce volet, qui se complète avec d’autres comme la qualification de bases de données, la modification de fiches techniques… Bref, tout ce qui tourne autour de la donnée au sens large, et cela, dans différents secteurs d’activités : le bâtiment, le spatial, pour des réseaux, pour la fibre…

Nos intégrants ne travaillent pas plus d’une demi-journée sur de la donnée, car c’est assez fastidieux et ça demande beaucoup de concentration. Ils alternent entre le traitement manuel de données et la réalisation de sites web, ce qui est aussi plus motivant pour eux !

Quelle a été votre réaction quand Philippe Lerouvillois, président du Jury du Prix JENi Christian VALADOU, vous appelé la semaine dernière pour vous annoncer que votre entreprise était la lauréate 2020 ?

DIGITANIE - Une partie de l'équipe a pu se réunir pour fêter la bonne nouvelleD’abord très contente et, dans le contexte actuel, avec les difficultés que nous avons rencontré, c’est une super reconnaissance de notre travail. Parce qu’on a tenu bon et ça n’a pas été facile sur cette dernière année. Nous étions en pleine accélération quand la crise du Covid-19 est arrivée et il a fallu continuer l’accélération avec des boulets aux pieds. Les boulets n’ont pas été tant sur le volet économique parce qu’on a la chance d’être sur une activité porteuse, mais sur le climat social hyper difficile et tous les problèmes que cela a engendré dans la société ces douze derniers mois et dont nous avons eu un concentré à Digitanie, comme je pense, dans toutes les entreprises d’insertion.

C’est aussi une grande fierté de recevoir ce Prix qui porte le nom de Christian Valadou. Cela me touche d’autant plus et m’encourage à poursuivre ce combat au format 2.0. C’est enfin une satisfaction pour l’ensemble de l’équipe. Ce prix va nous rebooster et tous nous motiver !

Que diriez-vous à ceux qui se posent la question de candidater à l’édition 2021 dont l’appel à candidature vient de débuter ?

Allez-y, en termes de communication, visibilité, reconnaissance nationale entre pairs, il n’y a que du positif ! L’exercice est aussi utile, il nous invite à nous poser, à réfléchir à la présentation, au pitch de notre entreprise. Pour avoir candidaté auprès de fondations, le dossier de candidature au Prix JENi Christian VALADOU est fluide et pas trop long à renseigner. A la clef, les actions ne sont pas les mêmes mais, moi, j’aime quand c’est du qualitatif et le voyage apprenant, la mission étudiante avec les étudiants de la Chaire innovation et entrepreneuriat social de l’ESSEC, le mentorat d’une entreprise d’insertion expérimentée de la fédération, vont être pour nous un soutien pour faire grandir notre jeune entreprise d’insertion. Au regard de l’année 2020 qui vient de s’écouler, la fédération avec la Chaire et le soutien du Crédit coopératif, partenaires du Prix, ont également décidé en fin d’année d’ajouter une dotation financière exceptionnelle de 3 000 € pour le lauréat de cette deuxième édition. Celle-ci, va nous permettre de faire des aménagements ou de financer une mission conseil en communication ou une expertise technique qu’on n’a pas. Je le redis, il n’y a que du positif, et même si nous n’avions pas remporté ce Prix, cette expérience quoi qu’il en soit est déjà très enrichissante !

 

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