Retour sur Faites le tour de la question #1

03 janvier 2017

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2h pour faire le tour de la question sur une première thématique spécifique : l’hybridation de l’économique et du social : moteur ou frein à la performance de l’entreprise d’insertion ? Le sujet était pointu mais les échanges forts intéressants.

 

Anne-Claire Pache est revenue sur ses travaux de recherche portant sur la tension permanente entre performance économique et performance sociale, qui est l’ADN de l’entreprise d’insertion et qui en fait, à la fois, la force et la faiblesse du modèle. Parmi ses constatations à travers l’étude statistique menée :

  • les entreprises d’insertion qui ont une productivité économique supérieure à la moyenne ont aussi plus de chance d’avoir une performance sociale supérieure ;
  •  les entreprises d’insertion qui ont une empreinte sociale forte, généralement impulsée par le fondateur de l’entreprise qui en est aussi le dirigeant, ont plus de chance d’avoir un effet plus faible en termes d’efficacité économique ;
  • statistiquement, il n’y a aucune corrélation entre le statut associatif ou commercial d’une entreprise d’insertion et sa performance sociale.

 

Denis Stokkink a quant-à-lui mis en avant que la tension entre efficacité économique et finalité sociale était aussi dépendante de facteurs externes comme par exemple le rôle de l’Etat ou celui des acteurs territoriaux qui peuvent avoir une approche différente de l’entreprise d’insertion.

Aussi comment avoir un ADN social fort sans que cela impacte négativement la productivité économique ? Anne-Pache a apporté un certain nombre d’éléments de réponses sur ce point, en s’appuyant sur l’étude de cas étudié dans le cadre de ses recherches, comme par exemple :

  • veiller à formaliser une vision de l’entreprise et des objectifs clairs avec l’ensemble des parties prenantes et les réaffirmer régulièrement ;
  • mettre en place des espaces de négociation ou de concertation, entre les deux corps professionnels - social et économique - de l’entreprise pour atténuer les tensions qui tiennent à la double activité de l’entreprise d’insertion, production d’un côté et accompagnement socioprofessionnel de l’autre ;
  • faire prendre conscience aux travailleurs sociaux et aux encadrants techniques de leur interdépendance comme de leurs contraintes respectives, à travers des journées d’observation ou « expérience shadowing », sur le mode  : « viens vivre une journée de mon métier ! ».

Denis Stokkink a abondé dans ce sens en indiquant que la gouvernance démocratique était l’un des axes définissant l’entreprise sociale au niveau européen. Il a cependant souligné qu’elle était aussi un maillon faible, se résumant souvent au principe « d’un homme, une voix, alors qu’elle est beaucoup plus que cela ! ».

Vous pouvez retrouver l’intégralité de cette rencontre en replay sur la chaine Youtube de la fédération.

 

Rendez-vous en février, pour la rencontre #2 Faites le tour de la question sur…les entreprises d’insertion dans les quartiers Politique de la Ville.