RSE : quels enjeux et quelles opportunités pour les entreprises d’insertion ?

03 mai 2017

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La professionnalisation des entreprises d’insertion sur leur cœur de métier qu’est le processus d’accompagnement des salariés en parcours d’insertion a, depuis de longues années, mobilisé la fédération. Démarche interne via un label entre pairs puis, en 2011, écriture en partenariat avec l’AFNOR d’un référentiel de certification appelé « AFAQ Ei/ETTi » et aujourd’hui, révision de ce référentiel pour l’élargir à des principes de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), la fédération a porté sans faillir la volonté de faire reconnaître la qualité de l’accompagnement social et professionnel mis en œuvre au sein des entreprises d’insertion.

Aujourd’hui, c’est une centaine d’entreprises (sur les 520 adhérents que compte la fédération) qui s’est engagée dans cette démarche de certification par un tiers (auditeur tierce partie) que ce soit sur le référentiel AFAQ Ei/ETTi ou sur des référentiels plus connus du grand public comme l’ISO 9001. Démarche pragmatique, organisationnelle mais aussi managériale, le référentiel AFAQ Ei/ETTi définit les grandes étapes et les critères qui garantissent la qualité des parcours mis en place : comment le salarié en insertion est-il recruté, accueilli, intégré au sein de la structure ? Quel encadrement est mis en place ? Comment est-il évalué ? Quelle ingénierie de formation est mise en œuvre ? Comment est-il préparé à la sortie de l’entreprise et comment favorise-t-on son insertion professionnelle ? Avec quels outils, quels partenaires ? L’entreprise, peu à peu, éclaire l’ensemble de son organisation, détecte les bonnes pratiques, fiabilise les outils et in fine améliore le service rendu au salarié en parcours d’insertion.

Alors pourquoi vouloir changer et faire évoluer le référentiel AFAQ Ei/ETTi vers la RSE ?

C’était le sujet de la matinée « Faites le tour de la question » qui a eu lieu le 28 avril en présence de trois invités et d’une trentaine de participants.

Alain Jounot, Directeur délégué à la fonction commerciale d’AFNOR Certification, a fait le point sur l’histoire et la définition de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (application des principes du développement durable dans l’entreprise) puis a distillé méthodes et conseils aux entreprises. Il a rappelé l’importance de l’engagement de la direction (principe de gouvernance) et a proposé aux entreprises présentes de se poser deux questions : quelle est ma responsabilité sociétale aujourd’hui ? Ce qui revient à se questionner sur comment la RSE vient irriguer toutes les pratiques de l’entreprise. Puis, qui sont mes parties prenantes et quelles attentes ont-elles ? En effet, les parties prenantes jouent un rôle de premier plan dans une approche RSE et la norme de référence sur la RSE (la norme ISO 26000) invite les entreprises à entamer un dialogue avec les personnes et les organisations qui sont en lien avec elles.

Céline Courtois, responsable d’activité chez INEO, ETTi certifiée AFAQ Ei/ETTi a apporté son témoignage  : «  après la certification AFAQ Ei/ETTi, INEO s’est engagée depuis quelques mois dans une réflexion sur la démarche RSE. Celle-ci nous a semblé presque une évidence car nous sommes référencés par des grands groupes qui nous interpellent sur nos pratiques en matière de RSE. Nous voyons bien que l’approche RSE ne va pas exiger de nous un changement révolutionnaire car les pratiques existent déjà mais elle va nous demander de creuser nos interactions avec les parties prenantes pour mieux répondre à leurs attentes. La réflexion que nous entamons nous permet d’avoir une meilleure connaissance de nos valeurs, de nos actions et de notre environnement ».

Franck Bernard, chef de projet RSE à l’UNEA, a complété ces interventions avec son expertise sur la mise en œuvre de l’évaluation AFAQ 26000 auprès des entreprises adaptées. Il a insisté sur la plus-value d’une démarche d’évaluation qui rentre dans une logique d’amélioration continue par rapport à une démarche de certification, qui elle est binaire (l’entreprise répond ou pas à l’exigence du référentiel), ainsi que sur la richesse apportée par l’interrogation des parties prenantes lors de cette évaluation.

En conclusion de cette rencontre, l’intérêt pour les entreprises d’insertion à entrer dans une démarche RSE a été clairement identifié. « La RSE est porteuse de performance » a souligné Alain Jounot qui a précisé que la responsabilité sociétale ne pouvait pas être considérée comme une action ponctuelle à mettre en œuvre en complément des activités d’une entreprise. Mais bien comme une évolution culturelle nécessitant d’être structurée pour pouvoir pénétrer et irriguer les diverses activités de l’entreprise.